« Michèle Künzler: La foi de la politique » par Marie Maurisse – paru dans l’Hebdo le 9 décembre 2009
Lors de l’élection de Michèle Künzler au Conseil d’Etat genevois, le 15 novembre 2009, le monde médiatique a fait mine de découvrir une anonyme. A 47 ans, cette écologiste convaincue n’est pourtant pas une novice, puisqu’elle s’agite dans le giron des Verts depuis les débuts du parti, dans les années 80. Une décennie plus tôt, le premier choc pétrolier lui avait donné «l’idée de la finitude du monde» et déclenché chez elle l’envie d’agir. «Mon cheminement est tout à fait personnel, revendique-t-elle fièrement.» Pas de modèle ou de mentor, mais des rencontres. Celle avec la foi, d’abord, qui l’a menée à faire des études poussées de théologie. Puis celle avec la politique, qui a conduit cette fille de brocanteurs de Saint-Gervais à pousser la porte des Verts. Depuis, la mère de famille a passé dix ans au Conseil municipal, huit ans au Grand Conseil, multiplié les actions associatives et œuvre actuellement pour transformer les Libellules et la Concorde en écoquartiers. Le 7 décembre, elle s’installera pour la première fois dans un siège exécutif pour s’occuper de la nature, des communes et des transports. L’écologiste récupère «les miettes», note la Tribune de Genève. Michèle Künzler, spécialiste de l’aménagement et proche des milieux urbains et modestes, sera donc utilisée à contre-emploi. Déçue? Elle relativise: «Malgré tout, il y a du positif dans ce découpage…» En attendant de commencer son travail, elle remercie ceux qui l’ont soutenue et sillonne les rues de Genève – à vélo, bien sûr.
Genève est perçue comme un lieu de blocages, d’antagonismes immémoriaux, comme un canton où toute l’énergie est consacrée à résister au changement. Par conséquent, la tentation est là de s’en remettre à une personne providentielle qui pourrait combattre ces « bloqueurs ». Signe d’angoisse et de régression politique, la recherche d’hommes forts est dans l’air du temps. Mais croire que l’efficacité réside dans le passage en force est une illusion. Pour atteindre le but, il est exclu de mettre la démocratie en veilleuse. Il s’agit au contraire de la développer !
